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Ces réflexes étranges (quand on ne parle pas la langue de son pays d’accueil)

Vous le savez, depuis que j’habite en Italie, je vis pas mal de moments de solitude ! D’autant plus que je suis arrivée avec un niveau zéro en italien. Les mots que je connaissais au premier jour se comptaient sur les doigts de la main :

  • Buongiorno/Ciao/Buonasera/Buonanotte
  • Grazie/Prego
  • Va franculo
  • Pazzo (parce que Fabrizio le dit à Jack dans Titanic ! <3 oui j’ai encore 10 ans quand je pense à Léo, ne me jugez pas !)
  • Forza Italia

Donc avec ça, tu ne vas pas bien loin !

Partant de là, il paraît évident qu’une certaine angoisse a vite fait de s’installer. Et ce qui est drôle, c’est de voir comment le corps et l’esprit réagissent, souvent malgré nous ! J’en ai parlé avec Nico qui a eu certaines expériences similaires quand il est arrivé en janvier dernier. Bon, pas toutes, évidemment !

 

Anglais forever

Soudain, il s’avère que tu es totalement bilingue en anglais ! Comment dire, le cerveau sait que le français n’est pas la bonne langue, du coup il préfère te faire dire les choses en anglais. Mais pas des phrases complètes non non ! Ça aussi il a bien compris que tu n’allais pas parler anglais aux italiens. Non, juste des petits mots !

Exemple de conversation :

« Sono francese so… »

SO, of course j’ai envie de dire ! Va savoir pourquoi. Même une fois que j’ai su dire « donc » en italien il m’a fallut un moment avant que le « so » ne disparaisse. Ça a fait exactement la même chose à Nico.

Je me suis aussi retrouvée à dire à Chiara, après que la baby-sitter lui ai fait coucou :

« Say ciao Chiara! »

SAY mais why ?? 

Comme si l’anglais était une langue de secours, une sorte d’alerte rouge ! J’imagine la scène dans le cerveau, sur fond d’alarme stridente évidemment :

« Les mecs on nous parle ! On fait comment ??? Chef, à l’aide, c’est la panique !

– Doucement les gars, doucement ! Je sais pas là ! Moi je suis devant Game of Thrones, me soulez pas !

-Mais il faut bien qu’elle réponde quelque chose !

-Basculez sur l’anglais ça fera l’affaire ! Comme si j’allais apprendre une nouvelle langue maintenant hahahaa (rire suffisant). Ça fait 5 saisons que « winter is coming », c’est pas maintenant qu’il faut lâcher ! En plus  il y a Jon Snow qui arrive, je ne réponds plus de rien.  » (Digression totale, mes excuses)

Bon public va !

 

BREF !

En y réfléchissant, je me suis dit que cela n’avait rien d’étonnant. Lorsque l’on apprend une langue étrangère à l’école ou dans le cadre de cours, on dispose d’une chose précieuse : le temps. Il est aisé de s’exercer, de passer des heures à faire des conversations, des débats, des lectures tout en étant corrigé au fur et à mesure. Mais lorsque l’on débarque, qu’on ne maîtrise rien et qu’on est au pied du mur, on se raccroche à tout ce que l’on peut et bizarrement dans ces situations, il semble que nos cours d’anglais ressortent.

Les bruitages

Quand je vous parle de solitude, je ne rigole pas ! Ne pas parler une langue c’est mettre toute notion de fierté de côté ! Et comme l’esprit est facétieux mais aussi qu’il a l’instinct de survie, il sait te faire sortir de toi-même pour parvenir à ses fins.

Alors oui, tu bruites. Pas plus tard que cette semaine, Elliot était malade. Une bronchite (youpi ! Joie dans les coeurs et cernes sous les yeux). Impossible pour moi d’expliquer au médecin qu’il avait une toux grasse. Après un moment de flottement où je voyais bien qu’il ne comprenait pas où je voulais en venir, je me suis lancée dans une imitation de la toux d’Elliot (croyez-moi, je voudrais oublier cet instant). Un truc hyper théâtral. Il m’a dit qu’il comprenait (peut-être qu’il voulait juste que ce moment gênant s’arrête). Bref, j’ai enchaîné en rajoutant un « a » à la fin de « profond » = profonda, pour expliquer que la toux venait de loin et là il a vraiment compris ! J’aurais dû commencer par là.

Les mimes

Ah bah oui forcément, le pendant visuel des bruitages, ce sont les mimes et là croyez moi ça y va ! Des fois je me demande même ce que je suis entrain de faire. Non mais transposé à ma vie en France, le truc serait surréaliste. Je me vois bien au supermarché ou chez les commerçants entrain de faire des grands gestes pour expliquer ce que je veux. En plus des fois je mime même ce que je sais dire. L’autre jour je faisais comme si je versais du sel dans le vide pour expliquer que je cherchais un pain pas trop salé… RIDICULE. Tu me le paieras cerveau !

L’excès

L’excès de tout en fait. Surtout l’excès de sourires. Je vous avais déjà parlé du réflexe qui fait sourire niaisement avant de répondre en italien. Eh bien, c’est en fait quelque chose qui s’applique à beaucoup de situations. Je souris à l’excès quand je croise des gens qui ne me regardent même pas, je souris quand je paye, je ris faussement quand quelqu’un me dit un truc qui a l’air de l’amuser, je souris toute seule, bref. (À ce stade, vous aurez normalement compris si ce n’était pas encore le cas que je suis juste folle en fait).

Je ne dis pas que je ne souris pas quand je suis en France, loin de là mais disons que je sens bien que ce sourire excessif n’est pas normal. Vous savez un peu comme quand vous êtes amoureux et que du coup vous partez dans tous les sens, que vous ne vous contrôlez pas très bien. Il y aurait un peu de ça. Du genre « mais pourquoi je souris exactement là ? J’en sais rien ? J’y peux rien, je ne suis plus aux commandes ! » (et pourquoi je dis tout ça en chantant ?).

Je pense que derrière ça se cache aussi une forme de gêne et également une grande volonté de s’intégrer. Au delà du fait que je trouve cela frustrant de ne pas pouvoir m’exprimer autant que je le voudrais (vous avez remarqué que j’aime beaucoup parler non ? #libérezmaparole !!!), je suis aussi un peu piteuse de ne pas maîtriser la langue du pays dans lequel j’habite. Je déteste ça. Un truc qui me rendait folle en voyage c’était les gens qui ne disaient pas bonjour dans la langue du pays ! Que tu ne parles pas chinois par exemple, je comprends bien, mais que tu ne cherches même pas à savoir comment on se salue dans cette langue, je trouve ça très moyen. En Thaïlande, nous croisions de nombreuses personnes qui lançaient des « bonjour » en français au personnel… euh c’est un peu irrespectueux quand même non ? Donc il y a un peu de ça, un peu de « oh fait un effort quoi ! ».  Du coup, probablement qu’en souriant je me dis qu’à défaut de savoir parler, j’aurai au moins l’air de vouloir bien faire.

Grazie a tout va

Bon alors, là je sais que c’est un problème que j’ai déjà en France. Je dis trop « merci » et trop « pardon ». Oh la la mais c’est pénible ! Les gens qui s’excusent de vivre quoi ! « Atchoum » pardon. Stupide. Enfin. Du coup ici c’est décuplé !! Probablement à cause de cette volonté de passer incognito ! Alors dès qu’on me dit un truc je réponds grazie même quand ça n’a rien à faire là.

Hier, mon interphone sonne. C’était le facteur qui me demandait si Madame je sais pas quoi habitait toujours là. Évidemment je n’en sais rien. Je lui réponds que je ne la connais pas et je m’excuse (mais tais toi !!!!!). Le facteur me dit ok, il commence à partir sans un merci (j’ai un visiophone, modernité !) et moi, toute seule, grazie ! C’est quoi le problème sérieusement ? Pourquoi c’est le seul mot qui me vient spontanément ? Celui-là je sais bien que tout le monde ne l’aura pas vécu ! C’est un truc de gens bizarres, ça se sent tout de suite !

Aucun rapport mais je suis fan de New York Unité Spéciale

 

Bref, voilà quelques petits exemples de comportements complètements irrationnels que je suis amenée à vivre depuis que j’ai perdu tous mes repères. J’espère ne pas être la seule quand même… allez racontez moi les expats !

 

 

4 Commentaires

  • Charly

    8 octobre 2017 at 20 h 16 min

    Ah comme je peux imaginer à quel point c’est difficile ! Le sourire, j’ai bien rigolé tellement je me suis reconnue. Après le cerveau s’adapte très vite et je pense que d’ici quelques mois, l’Italien aura bien moins de secret pour vous !

    Répondre
    • Charlène

      9 octobre 2017 at 12 h 00 min

      Oh oui ! Je n’en doute pas ! Entre le premier jour et maintenant il y a déjà un monde alors d’ici quelques temps. Mais qu’est-ce qu’on se sent débile quand même haha ! Enfin, mieux vaut en rire ! 🙂

      Répondre
  • Callie

    10 octobre 2017 at 15 h 47 min

    Qu’est ce que j’ai ri !
    J’ai été en citytrip en Italie en juin…
    Et j’ai eu tous les mêmes réflexes
    Je sortais des phrases du genre « hi, bongiorno, one « mime d’une boule » pistacchio please. Grazie »

    Répondre
    • Charlène

      12 octobre 2017 at 13 h 46 min

      Haha ! On n’est vraiment peu de choses ! Quand on perd ses repères on est vraiment en roue libre mais en même temps c’est tellement drôle si on a un tant soit peu d’auto-dérision. Récemment des italiennes me disaient : « l’essentiel c’est de se faire comprendre ». J’imagine que tu as eu ta boule à la pistache,alors mission accomplie ! 🙂

      Répondre

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