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2 mois en Italie : ma vie de Ficus

Je vous imagine déjà devant votre écran un peu mal à l’aise : hum oui… mais c’est quoi ce titre ?! Ça va ? On a pris quoi exactement pendant le week-end ? Rien ! Je vous rassure ! À part une bonne grosse prise de conscience. Alors que nous sommes installés ici depuis 2 mois maintenant, j’ai réalisé que j’étais exactement comme mon ficus (toujours mal à l’aise, patience vous allez comprendre !).

Je ne veux pas dire par là que je suis une plante verte inutile – y’aura bien un vegan pour me dire que le ficus mérite le respect.. ok !! –  Bref, même si j’ai parfois un peu l’impression de faire partie du décor depuis que je suis en Italie, je partage surtout avec mon ficus une même manière de vivre le changement. Parce que le ficus, bah il aime pas vraiment déménager.

Alors qu’est-ce qu’il s’est passé pendant ces deux mois ?

  • Eh bien, déjà, on a réalisé que la France et l’Italie, ce n’était pas la même chose, pas la même culture, pas la même ambiance, mais ça vous le savez déjà si vous lisez les épisodes des chocs culturels.

 

  • Et puis Elliot est entré à l’école et ça, ça a été un grand évènement. À ce jour, il ne fait pas encore de journées complètes car il n’est pas totalement autonome au niveau des toilettes. Mais on avance sérieusement sur la question et j’ai bon espoir que ça se décante rapidement.

 

  • On n’a toujours que peu d’existence officielle ici tant la bureaucratie est kafkaïenne ! C’est à se taper la tête contre les murs. Donc toujours pas de carte de sécu, toujours pas de docteur, toujours pas de carte de déchetterie !!!!!

 

  • Il y a eu des moments amusants, beaucoup d’aperitivi, de bons repas, de bonnes balades, des super découvertes, Bergame, Milan, Comacchio, l’Italie est belle ! La visite de nos familles respectives qui met toujours un bon coup de fouet et d’autres sorties vraiment sympas en perspective. En plus on a trouvé une baby-sitter au top ! Joie !

 

  • J’ai commencé à rencontrer une ou deux mamans d’école ainsi qu’une italienne qui parle très bien français et avec qui je vais faire de la conversation. Positif donc !

 

  • J’ai aussi compris que vouloir s’intégrer directement auprès des italiens était illusoire et qu’entrer en contact avec d’autres français (par le biais de l’association Milan accueil notamment) était vital.

 

  • Mon italien s’améliore ! Je ne suis pas encore prête à tenir une conversation enflammée et je mets toujours un « o » quand il faut un « a » et inversement mais il y a eu un vrai tournant et je commence à avoir de vrais échanges avec les commerçants et à mieux cerner la subtilité de ce qu’on me raconte. Il y a une sacrée marge de progression, mais je me jette à l’eau et le reste viendra ! Elliot quant à lui commence à répondre en italien quand on lui pose une question. Pas d’emballement il dit : « si » si quelqu’un lui pose une question en italien. Mais c’est un début !!

Et pourtant, si je suis honnête avec vous, je vous dirai que je suis comme mon ficus depuis qu’il est ici. Je me meurs un peu. Probablement parce qu’être maman au foyer, c’est déjà isolant à la base et que l’être en plus quand on n’a personne autour de soi, ça n’aide pas vraiment.

Le mot le plus important que j’ai appris depuis ces deux mois ici c’est EFFORT. Alors soyons clairs, faire des efforts ne me dérange pas, je suis une personne plutôt travailleuse et positive donc je fonce et heureusement parce que des efforts il faut en faire tous les jours. L’effort d’apprendre la langue bien sûr, l’effort de comprendre ce qu’on te dit, l’effort de t’intégrer, l’effort de rester souriante avec tes petits bouts même si tu te traînes un cafard monstrueux, l’effort de rencontrer des gens, bref, des efforts toutes les heures de tous les jours.

Et je les fais., oui…  Mais la France me manque et ce vide dans le coeur a du mal à se combler. Ma famille, mes amis me manquent. Et forcément, comme je suis isolée de fait, en étant à la maison, le vide est probablement accentué ! Il y a plein de journées encourageantes mais pour le moment, je ne me sens pas chez moi. Et peut-être que pour le moment, une partie de moi n’a pas vraiment envie que ça le soit.

Certains jours, je voudrais me téléporter, passer boire le café chez mes parents, emmener Elliot jouer au parc avec mes autres copines mamans, aller boire un thé dans ma boulangerie préférée, réfléchir aux aménagements que je vais faire à la maison, reprendre le travail etc. Et ces jours là ne sont vraiment pas de bons jours.

Voyez plutôt l’avant/après :

France

Italie

 

Ne dirait-on pas Groot- Les gardiens de la Galaxie- soit dit en passant?!

MAIS avez-vous remarqué la petite tige plantée dans la terre avec deux trois feuilles qui semblent tenir par l’opération du saint esprit ? C’est sur elle qu’on mise tout. Ce petit bout qui reste et qui peut repartir à tout moment. Ce petit bout de vie qui peut reprendre des forces et redevenir flamboyant. Moi en ce moment, je suis cette tige. Vacillante, esseulée mais qui n’a pas dit son dernier mot. Cette tige qui lentement mais sûrement est entrain de trouver la force de faire de cette mue quelque chose de positif.

J’aurais aimé vous raconter à quel point toute cette expérience est géniale et bien sûr qu’en certains points elle l’est. J’aurais voulu vous dire que waouh déjà 2 mois, je les ai pas vu passer ! Mais pas tout à fait. C’est stimulant c’est certain, ce n’est juste pas aussi évident que ça. Et j’espère que vous comprendrez que cette réflexion n’a rien d’une complainte mais qu’il s’agit plus d’un constat, de ceux qui aident à aller de l’avant.

Chaque départ est différent. Je m’attendais à ce que ça soit difficile. Peut être pas autant.

Cependant, il y a quelque chose de très intéressant je trouve. C’est que de cette solitude peuvent naître beaucoup de choses (clairement pas des enfants, là j’ai mon compte 🙂 ). Dépouillée de tout ce qui fait ma vie, ma vie à moi je veux dire, pas ma cellule familiale bien sûr, que je partage avec Nico, eh bien dépouillée de ça et confrontée à moi et moi seule, je peux voir sans filtre qui je suis et qui je veux être. Le confort affectif de ma vie en France le brouille probablement plus.

Et finalement, n’est-ce pas cela que l’on attend d’un départ vers l’ailleurs ? Qu’il nous emmène sur des chemins insoupçonnés ? Qu’il éclaire nos âmes et nous fasse découvrir notre propre voie ? C’est donc avec cette petite bougie que je m’arme pour les prochains mois, espérant bientôt quitter ma mélancolie, comme mon ficus qui a été taillé quasi entièrement pour mieux repartir, et illuminer la suite de mon voyage ici en reprenant force et panache. Je s’appelle Baby Groot !

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